L’ANTE-ETAT : LA RDC FACE A SES PROBLEMES SECURITAIRES

Résumé

Face aux limites actuelles des approches statocentrées dans l’analyse
des problèmes sécuritaires de la RDC, le présent article propose une approche qui,
transgressant la référence étatique, considère le système politique congolais comme
un Anté-Etat,pour mieux rendre compte des interactions qui s’y construisent par
rapport aux préoccupations sécuritaires des acteurs politiques. L’Anté-Etat, cette phase
intermédiaire entre le Léviathan de Hobbes et l’état de nature, favorise une stratégie
anté-étatique de la part des acteurs, tout en se nourrissant d’elle. Les descriptions
consacrées aux deux variables et aux deux types d’interactions relancent le débat
scientifique sur la(re)construction d’une théorie pouvant mieux rendre compte du
politique en RDC et en Afrique.


Summary
The statocentric approach faces its limits in explaining how the
government and the political actors behave in the Congolese political system vis-à-vis
the security matters. This paper provides a best understanding of security matters
through breaking the stato-centric approach and enhancing a non-state based
approach. It takes the Congolese political system as an Ante-state, like a stage between
the Hobbesian Leviathan and the individual self help (in a crude anarchy). In this mature
anarchy/pour internal order, the Ante-State system allows an ante-State self-help; and
this ante-state strategyfeeds the ante-State system. The details provided for these two
variables and the two types of interactions resume the scientific debate searching for
a new theory in addressing the polity in DRC and trough Africa

GUERRES RECURRENTES EN RDC de N.N. MUGHENDI HARMATTAN 2010 férier version

La déstabilisation que connaît la République Démocratique du
Congo (RDC) depuis octobre 1996 a tellement fait parler d’elle
qu’il devient presque gênant de revenir sur le même sujet avec
l’ambition d’y apporter des éléments nouveaux. Cependant, une
dimension y demeure, sinon totalement inexplorée, du moins, sousexploitée, pour expliquer le phénomène de guerre en RDC : la
responsabilité de l’Etat congolais dans sa propre déstabilisation.
Les racines profondes de la guerre, dont certaines sont encore
présentes, bloquent la transformation de la paix précaire actuelle en
une paix durable, susceptible d’éloigner, dans le temps et dans
l’espace, tout risque de guerre dans le pays et dans la région.